WUGS

WUGS (capital de rigueur) ne fait pas dans la poésie, ne chronique pas la marche du monde, tient les étiquettes en horreur et se fiche pas mal des modes. WUGS fait de la bass music, puise dans la drum’n’bass, le dub, la trap, la pop ou la house et réuni les corps pour qu’ils exultent, jouissent, hurlent comme des damnés «FIIIRE», perdent 400 calories, boivent des litres d’eau, s’écroulent finalement en sueur et se sentent «King»! WUGS fait du WUGS, parce que c’est comme ça, et si ça ne plaît pas, eh bien «WHAT U GONNA SAY B*TCH?» Pourquoi trois artistes aux caractères trempés, jamais entre eux à une chamaillerie près, édifient ensemble une congrégation alien née pour sponsoriser pogos et chair de poule, encourager conquêtes et amours déglingués? Parce que c’était écrit, parce que les étoiles s’en sont mêlées, parce que parfois c’est tout bête: on se rencontre, on se flaire, se plaît et l’on crée du gros son comme ça vient, pourvu qu’à travers lui on se sente invincible, heureux, vivant - pour un instant. Chez WUGS, la musique sert à ça.

A dire la force et l’ambition, les pensées bizarres, sexuées ou violentes, afin que ça sorte d’un coup tout ce bazar, et puis qu’il rassemble, tandis que cognent «Feelin U», «So Hi» «Bagga Won» ou «Release Me». Des tracks comme des cathédrales chiffonnées. Des tubes underground bourrés d’envie d’en découdre et accouchées sous couverture radar d’un abri antiatomique à accès sécurisé. Là, il y a Junkei, ingé-son et sage shaolin grandi à Madagascar. Et puis Svnt7n, enfant terrible et force créative.
Enfin Bagga, voix rageuse dans une gorge mielleuse et qui dit «non», juste pour dire «non», quand elle n’atomise pas le micro. Parce que la dame possède une voix de soul sista tournée patronne. Parce qu’il n’y a qu’à écouter The Wire, premier EP classe, bluffant, urgent, pour réaliser qu’entre ses harangues tigrées et le fat groove ébauché par les deux autres, WUGS existe d’abord pour offrir énergie carnivore et «BOOM» atomiques à son époque.

Qui a vu WUGS live au festival Electron ou à la scène du Dock (Fêtes de Genève) voit de quoi on parle. Làbas, les trois l’avaient encore joué pied au plancher, invitant à force de fessées dub ou électro le public à se lâcher exactement comme s’il était invité dans une piscine à boules.

Et puis bonne nouvelle! Un album sur le feu pour 2018, le trio n’a aucune intention de se ranger des affaires, promettant les compteurs tapant dans le rouge encore amour, tempête et poussière jusqu’à ce que le message soit pour tous clair: Ici, c’est WUGS. Du lourd. Du kiff. Et… «WHAT U GONNA SAY B*TCH?»

www.wugs.ch